Madame la Présidente de la Fédération des Femmes Cheffes d’Entreprise,
Chères membres de la Fédération,
Mesdames, Messieurs,
Je suis très heureuse d’être avec vous ce soir à l’occasion du 10ème anniversaire de la Fédération des Femmes Cheffes d’Entreprise du Luxembourg, et je voudrais donc tout d’abord remercier vivement Madame Wickler pour cette belle invitation.
C’est en 2004 que la Fédération des Femmes Cheffes d’Entreprise du Luxembourg a été créée à l’initiative du Ministère de l’Égalité des chances et de l’Union des Entreprises Luxembourgeoises.
À en juger d’après l’effectif de ses membres qui compte aujourd’hui plus de 200 personnes, et d’après le nombre d’emplois créés depuis son lancement, je suis fière de pouvoir dire que l’initiative prise à l’époque était bonne !
L’engagement continu de ses membres mais aussi leur savoir-faire et leur courage ont permis à cette association de faire de l’entrepreneuriat féminin le point de mire d’une économie qui se veut égalitaire du point de vue du genre.
Mais nous savons aussi que c’était un travail de longue haleine pour promouvoir la présence des femmes dans l’entrepreneuriat et dans la prise de décision en général.
Et il s’agit tout autant d’un effort de longue haleine pour promouvoir davantage la prise de responsabilité des femmes à tous les niveaux du pouvoir économique.
Je voudrais rappeler qu’aujourd’hui encore, et je prends là les chiffres de 2013, dans le domaine de l’entrepreneuriat, de toutes les autorisations dans le cadre d’un premier établissement, 41,19% ont été délivrées à des femmes et 58,81% à des hommes.
Ainsi on retrouve :
? 40,61% de femmes dans le secteur du commerce, tandis que les hommes y regroupent 59,39%.
? Dans les métiers de l’alimentation on retrouve 14,29% de femmes et 85,71% d’hommes.
? Pour les métiers de la mode, de la santé, de l’hygiène, par contre, il y a 92,23% de femmes et seulement 7,77% d’hommes.
? Pour les métiers de la mécanique où on ne trouve que 11,11% de femmes pour 88,89% d’hommes.
Vous voyez donc qu’on n’en est pas encore arrivé au bout de nos peines, si nous voulons que les femmes soient présentes au sommet de tous les secteurs de notre économie.
Presque tous les secteurs que je viens d’énumérer sont dominés par les hommes, à part les métiers de la mode, de la santé et de l’hygiène.
Nous avons certainement déjà atteint des résultats visibles.
C’est pour cela d’ailleurs que je tiens à féliciter l’association pour avoir entrepris tous les efforts possibles durant ces dernières années afin de :
- promouvoir le rôle important des femmes dans l’entrepreneuriat et
- d’encourager l’accession des femmes à des fonctions dirigeantes dans les divers secteurs de l’économie.
J’aimerais rajouter un troisième volet dans lequel il faudra investir à mes yeux encore davantage à l’avenir : l’orientation scolaire et professionnelle et la lutte contre les stéréotypes dans ce domaine.
Les décisions sur le choix de vie et notamment sur la future profession se prennent à un très jeune âge.
C’est pourquoi nous devons activement rechercher le dialogue avec la plus jeune génération. Et si je dis « nous », je parle évidemment des instances étatiques compétentes mais également des acteurs du monde économique comme la FFCEL pour appuyer les politiques de diversification des choix professionnels.
Cultiver l’esprit d’entreprendre chez les jeunes, qui sont encore libres de tout préjugé, et de les inspirer en leur présentant des modèles et des exemples de bonne pratique est un défi noble que nous devons relever ensemble.
Depuis 2004, la Fédération des Femmes Cheffes d’Entreprise est un partenaire important du ministère de l’Égalité des chances.
C’est à travers ce partenariat qu’elle s’est engagée à réaliser des projets en matière d’entrepreneuriat féminin, notamment :
- à encourager l’accession des femmes aux fonctions dirigeantes de l’économie,
- à promouvoir l’esprit d’entreprise auprès des femmes,
- à offrir des formations afin de montrer les bienfaits d’un management mixte en termes de genre,
- à organiser des conférences, séminaires ou autre manifestations permettant l’échange de vue et le partage des compétences.
Je la remercie donc à ce stade d’avoir réussi à transposer à bon escient la politique de l’égalité des genres du ministère, et j’espère que cette collaboration sera tout aussi fructueuse dans le futur.
Vous n’ignorez certainement pas que l’actuel gouvernement s’est fixé des buts très ambitieux en matière d’égalité entre hommes et femmes dans la prise de décision.
Avec 40% de présence du sexe sous-représenté dans les conseils d’administration des établissements publics et des entreprises privées dans lesquelles l’Etat détient des participations, à atteindre d’ici 2019, c’est la première fois dans l’histoire qu’un programme gouvernemental contient des objectifs chiffrés et mesurables.
Le Gouvernement a pris ses responsabilités. Mais il ne pourra pas changer seul les réalités du terrain.
C’est pourquoi, l’ensemble des acteurs externes au Gouvernement comme les chambres professionnelles, les communes et la société civile sont invités à s’associer à la démarche.
C’est pourquoi, les entreprises privées, au stade actuel non visées par le pourcentage de 40%, sont invitées à se fixer des objectifs volontaires concrets et mesurables.
En effet, ce n’est qu’en agissant dans un partenariat aussi large possible que nous arriverons à atteindre un meilleur équilibre entre hommes et femmes dans la prise de décision.
Mesdames,
Je vous tiens ces propos ce soir parce que, dans ce partenariat, vous avez même un double rôle à jouer :
• améliorer l’équilibre entre hommes et femmes dans les instances de prise de décision de votre propre entreprise ;
• mais également mettre vos compétences et expériences professionnelles au service d’autres acteurs à la recherche de « know-how » féminin.
Vous avez investi beaucoup dans votre visibilité (je ne mentionnerai ici que les ambassadrices de l’entrepreneuriat) et ces efforts peuvent, aujourd’hui plus que jamais, porter leurs fruits.
Même si celui dont on discute le plus, l’introduction de quotas n’est qu’un élément d’une stratégie globale du Gouvernement tendant à améliorer la mixité en termes de genre dans la prise de décision.
Il me tient à cœur d’en mentionner deux autres ce soir :
• l’extension du programme des actions positives dont l’égalité dans la prise de décision forme un des trois piliers et
• la mise sur pied d’un réseau d’échange de bonnes pratique entre entreprises ayant déjà participé au programme et entreprises intéressées à s’investir dans cette direction
Je profite de l’occasion pour vous lancer un appel chaleureux à rejoindre ces initiatives.
Mesdames,
L’entrepreneuriat féminin ne doit pas rester l’apanage de quelques fortes personnalités.
Il doit être accessible à toutes celles qui portent un projet concret et qui ressentent le besoin d’une autonomie professionnelle et d’un accomplissement personnel, même si bien sûr, il faut le croire, la personnalité est un élément fondamental pour lancer son affaire.
Voici pourquoi j’encourage la Fédération à continuer ses actions, et à croire en ses compétences et son savoir-faire pour sensibiliser encore plus les femmes à se lancer dans l’entrepreneuriat et à devenir cheffe d’entreprise !
Merci à la Fédération, et à ses membres, qui au cours de ces 10 dernières années se sont distingués par leur :
- expérience,
- leurs assises professionnelles,
- leur motivation,
- leur engagement,
- leur disponibilité, et
- qui se sont mises au service de l’entrepreneuriat de façon bénévole !
Je tiens à vous en féliciter encore une fois !
Allocution de la ministre de l'Egalité des chances au 10e anniversaire de la FFCEL
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