Présentation du Rapport du Comité de coopération entre les professionnels dans le domaine de la lutte contre la violence de l’année 2018

En date du 25 septembre 2019, la ministre de l’Égalité entre les femmes et les hommes Taina Bofferding, a présenté à la presse le rapport du Comité de coopération entre les professionnels dans le domaine de la lutte contre la violence (ci-après « Comité ») de l’année 2018.

Le rapport contient e.a. des recommandations au gouvernement ainsi que le recueil des statistiques présentées en matière de violence domestique par les différentes instances représentées au sein du Comité, à savoir le Parquet auprès des Tribunaux d’arrondissement de Luxembourg et de Diekirch, la Police Grand-Ducale, les services d’assistance aux victimes[1] de violence domestique (SAVVD, PSYea et ALTERNATIVES) ainsi que le service prenant en charge les auteurs de violence domestique (Riicht Eraus).

Statistiques à un niveau stable mais toujours trop élevé

Au cours de l’année 2018, la Police Grand-Ducale a procédé à 739 interventions (avec et sans expulsion), ce qui représente une augmentation de 3,36% par rapport à 2017 (715). Le nombre des expulsions autorisées par le Parquet a été de 231 (217 en 2017). En moyenne, la Police est intervenue 61,58 fois et a procédé à 19,25 expulsions par mois.

Interventions policières et expulsions (2009-2018)[2]

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Le Parquet auprès des Tribunaux d’arrondissement de Luxembourg et de Diekirch a été saisi de 869 dossiers de violence domestique en 2018.

En 2018, le service prenant en charge les auteurs de violence domestique Riicht Eraus a traité 409 dossiers, dont 226 dans le cadre d’une expulsion (55,3%). Concernant les 183 dossiers restants (44,7%), il s’agit notamment de clients qui se sont dirigés de manière volontaire au service ainsi que des clients dans le cadre d’un avertissement, d’un contrôle judiciaire, d’un sursis probatoire ou d’une injonction du Tribunal de la Jeunesse (obligation judiciaire). 92% des auteurs ayant consulté le service Riicht Eraus étaient de sexe masculin. Le service a encadré des auteurs originaires de 43 pays différents.

Au vu de ces chiffres, la ministre Taina Bofferding a souligné que « la violence n’est ni une normalité, ni une banalité. Le recours à la violence est inacceptable. Le Luxembourg dispose d’une législation efficiente et d’un cadre institutionnel performant avec le comité de coopération entre les professionnels dans le domaine de la lutte contre la violence. Le réseau des structures d’accueil et des services de consultation offre un encadrement psychosocial indispensable pour victimes et auteurs de violence domestique. »

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Le Comité a par ailleurs formulé des recommandations au gouvernement, visant la professionnalisation des statistiques en matière de violence et l’amélioration du dispositif de protection des victimes en créant une instance qui fait une analyse approfondie ex post des causes étant à la base des suites mortelles dans le contexte d’une violence domestique.

Lutter contre les stéréotypes pour lutter contre la violence

Le programme de coalition ainsi que les dispositions de la Convention d’Istanbul du Conseil de l’Europe sur la prévention et la lutte contre la violence à l’égard des femmes et la violence domestique ratifiée en droit luxembourgeois en 2018 vont orienter le gouvernement dans les années à venir dans ses efforts pour réduire la violence à l’égard des filles et des femmes et des garçons et des hommes.

Au-delà de l’extension de l’offre en structures et services pour les victimes de la violence et de l’intensification de la sensibilisation, « l’égalité entre femmes et hommes tant sur le plan légal que dans la vie quotidienne représente la meilleure prévention contre les violences. Nous devons nous concentrer sur les causes de la violence qui sont entre autres à chercher au niveau des stéréotypes sexués. Les images de l’homme fort et de la femme fragile sont des stéréotypes très ancrés dans notre société qui peuvent alimenter le recours à la violence basée sur le sexe. Les stéréotypes peuvent confirmer les victimes dans leur auto-culpabilisation en cas de violence. Et ces stéréotypes peuvent en outre dissimuler le fait que les femmes peuvent également recourir à la violence » estime Taina Bofferding qui a initié une coopération avec l’Université du Luxembourg pour lutter activement contre ces stéréotypes, dont les résultats peuvent être valorisés dans la prévention contre la violence.

« Les stéréotypes se forment dès le plus bas âge et se perpétuent tout au long de la vie. Pour cette raison, le travail avec les jeunes représente une priorité pour rompre de manière durable avec les stéréotypes, préjugés et clichés relatifs aux sexes et pour réduire ainsi la violence » conclut la ministre.

Nouvelle campagne de prévention

La ministre Taina Bofferding a finalement présenté la nouvelle campagne de prévention: « La violence notamment à l’égard des filles et des femmes a de multiples visages. Au-delà de la violence domestique, elle peut être physique, psychologique ou sexuelle. La mutilation génitale, le viol, le mariage et l’avortement forcés, le harcèlement sexuel ou la stérilisation forcée sont d’autres formes de violence qui sont incriminées par la loi. Les subir n’est ni normal, ni banal. Voilà pourquoi il est essentiel de motiver les victimes de se manifester pour obtenir de l’aide » a conclu Taina Bofferding.

Par le biais d’une brochure, d’une affiche et du site Internet www.violence.lu, le ministère veut sensibiliser sur ces différentes dimensions de la violence. Pour recevoir ces documents, veuillez contacter le ministère (secretariat@mega.etat.lu).

Pour l’intégralité des statistiques en matière de violence domestique, il est renvoyé au rapport au gouvernement du Comité de coopération entre les professionnels dans le domaine de la lutte contre la violence 2018.     



[1] Les termes de « victime », « auteur » et « client » sont utilisés de façon neutre.

[2] Graphique: Ministère de l’Egalité entre les femmes et les hommes

  • Mis à jour le 25-09-2019