« Brisons le tabou et rendons la violence plus visible ! »

Le ministère de l’Égalité des chances lance la nouvelle campagne d’information sur la Convention d’Istanbul

En date du 3 décembre 2018, le ministère de l’Égalité des chances a lancé sa nouvelle campagne d’information, de prévention et de sensibilisation sur la Convention du Conseil de l’Europe sur la prévention et la lutte contre la violence à l’égard des femmes et la violence domestique, communément appelée « Convention d’Istanbul ». Le nouveau site www.convention-istanbul.lu renseigne sur les différentes formes de violence couvertes par la convention. Le site montre comment elles sont incriminées au Luxembourg et fournit toutes les adresses utiles pour se faire aider.

Il s’agit de la première convention internationalement contraignante qui, grâce à son approche intégrée et multidisciplinaire et à sa perspective de genre, couvre toutes les formes de violence faites aux femmes et filles. Si la Convention s'attache tout particulièrement à toutes les formes de violence à l'égard des femmes, elle reconnaît explicitement que la violence domestique et d’autres violences font aussi des victimes masculines. Voilà pourquoi, la Convention encourage les Etats à appliquer le texte aussi aux victimes masculines. Du fait que sa législation est généralement neutre en terme de genre, l’approche du Luxembourg consiste à appliquer la convention aux deux sexes.

La ministre de l’Égalité des chances Lydia Mutsch souligne que « la Convention repose sur l’idée que la violence à l’égard des femmes et des filles est une forme de violence sexiste dans la mesure où elle est exercée sur les femmes parce qu’elles sont des femmes. Il incombe à l’État de lutter efficacement contre cette violence sous toutes ses formes en prenant des mesures pour la prévenir, en protégeant les victimes et en poursuivant les auteurs. »

Le Luxembourg ne part pas de zéro, mais a mis sur pied bien avant la ratification parlementaire de la Convention d’Istanbul en juillet 2018, un dispositif législatif performant au profit des victimes de la violence, dont notamment celles de la violence domestique. De plus, le ministère de l’Égalité des chances organise à des cadences régulières des campagnes d’information, de prévention et de sensibilisation (campagnes médiatiques, réalisation d’études scientifiques, conférences, manifestations telles que la « White Ribbon Campaign » et l’ « Orange Week ») au sujet de la violence à l’égard des femmes, souvent en coopération avec des organisations non gouvernementales. Le Luxembourg dispose finalement d’un réseau étroit de structures d’accueil et de services de consultation à travers tout le pays qui s’adressent tant aux victimes qu’aux auteurs de violence.

La mise en œuvre de la Convention d’Istanbul représente l’accroche

  • pour adapter notre législation ; 
  • pour sensibiliser tant les professionnels que le grand public sur toutes les facettes de la violence à l’égard des femmes et des filles ; 
  • pour informer sur le réseau d’aide et d’assistance et pour améliorer l’accès et sa qualité ;
  • pour rassembler et associer tous les acteurs publics et non publics à la lutte contre la violence à l’égard des femmes et des filles ; 
  • pour élargir l’offre d’aide et d’assistance au profit des victimes.  

Lydia Mutsch conclut que « la violence n’est pas une fatalité à subir, mais il s’agit des crimes à dénoncer par les victimes. Cette campagne est un élément important pour appeler à la prise de conscience publique que la violence existe à domicile, à l’école, au travail, sur le trottoir…Brisons le tabou et rendons la violence plus visible. »

  • Mis à jour le 03-12-2018