Concernant la prise de décision politique au sein de l’Union européenne, les hommes détenaient en 2012 plus que trois quarts des postes ministériels, même si on peut constater des écarts considérables entre les différents pays. L’image est pareille au niveau de la représentation des femmes dans les parlements nationaux ; il y a certes des améliorations, mais elles restent modestes. Avec un ratio 1/3 – 2/3 en faveur des hommes, la situation est légèrement meilleure au niveau régional. Toutefois, la domination des hommes persiste dans les assemblées régionales.
Quant à la prise de décision économique en général et la participation dans les conseils d’administration en particulier, la moyenne des femmes s’élève à 16 % en 2012 avec une amélioration de 6 % par rapport à 2005. En 2012, uniquement six pays de l’Union européenne avaient atteint un taux égal ou supérieur à 20 %.
Le 15 octobre 2015, la conférence était consacrée à l’« Egalité dans la prise de décision politique », sujet qui était introduit par Mme Virginija Langbakk, directrice du « European Institute for Gender Equality » (EIGE) sur base d’une Key Note sur le thème « Le (dés)équilibre dans la prise de décision : qui tient les rênes ? ». Dans son exposé, Virginija Langbakk avait soutenu la thèse que la prise de décision ainsi que le leadership sont « genrés » (« gendered »).
Si les données présentées confirment une certaine tendance à la hausse de la représentation des femmes dans les institutions politiques législatives et exécutives ainsi que dans les administrations publiques, la directrice de l’EIGE relevait la persistance de stéréotypes « genrés » qui continuent à freiner le progrès vers une représentation équitable. Elle relevait entre autres le fait qu’au niveau politique, les femmes sont plus présentes dans les ministères relevant du domaine socio-culturel (santé, éducation, culture) que dans les ministères de la défense, des finances ou encore des affaires étrangères.
L’après-midi était clôturée par une table ronde au sujet de « L’Egalité entre femmes et hommes dans la prise de décision politique » avec la participation de Mme Viviane Loschetter, présidente du groupe parlementaire « Déi Gréng », Mme Petra Meier, professeure à l’Université d’Anvers, directrice du Policy Research Center on Equality Policies, M. Alex Bodry, président du groupe parlementaire LSAP, Mme Sylvie Andrich-Duval, membre du groupe parlementaire CSV et M. Lex Delles, membre du groupe parlementaire DP et bourgmestre de Mondorfles- Bains. La table ronde était animée par Mme Christiane Kremer, journaliste RTL Radio Lëtzebuerg.
Le 16 octobre 2015, la conférence était consacrée à l’« Egalité dans la prise de décision économique » introduite par Annie Cornet, professeure à l’Université de Liège (HEC) et responsable de l’Unité de recherche EGID Etudes sur le genre et la diversité en gestion sur base d’une présentation sur le sujet « Impliquer les femmes dans la décision économique : une stratégie gagnante ! ».
Partant du constat que le taux d’emploi féminin a progressé de 37 % en 1983 à 78 % en 2012, elle critiquait entre autres que les femmes ne sont que peu visibles dans la presse économique, où elles ne représentent que 16 % de la couverture médiatique (en 2004).
Annie Cornet a plaidé pour des procédures de recrutement plus objectives à l’image de l’exemple belge des huissiers de justice, un métier transmis « de père en fils ». La seule introduction d’un examen aurait permis de passer le taux des femmes de 3 à 30 %. Une table ronde au sujet de « L’Egalité entre hommes et femmes dans la prise de décision économique » réunissait Mme Evelyn Regner, députée PSE au Parlement européen et rapporteure de la proposition de directive « Women on boards », M. Luc Verbeken, CEO de ING Luxembourg, Mme Christiane Wickler, présidente de la Fédération des Femmes Cheffes d’Entreprise au Luxembourg (FFCEL), M. Yves Elsen, CEO de HITEC et Mme Denise Steinhäuser, BGL BNP Paribas. La table ronde était modérée par Mme Josiane Eippers (ADT Center).
M. Heiko Maas, le Ministre de la Justice de la République Fédérale d’Allemagne a évoqué dans son discours de clôture, l’approche allemande en matière d’égalité dans la prise de décision. Votée en mars 2015, le chemin pour arriver à la réglementation finale en Allemagne était « long et semé d’embûches », s’est rappelé Heiko Maas, qui précisait que l’économie avait d’abord souscrit à des engagements volontaires sans pour autant atteindre les succès escomptés. « Trop longtemps, le monde politique faisait confiance aux déclarations d’intention qui sont restées lettres mortes », faisait savoir le ministre. En 2014, le taux des femmes présidant un conseil d’administration d’une société du DAX (l’indice boursier allemand) avait même reculé de 1,5 point pour arriver à 6,3 %. Et le fait que les femmes représentent aujourd’hui 22 % des membres des conseils d’administration, est notamment dû au travail des syndicats et l’engagement des femmes en tant que syndicalistes.
« Le quota rendra le quota inutile, car avoir des femmes aux postes de direction sera une chose naturelle », a insisté le ministre. Selon lui, la loi allemande qui entrera en vigueur en 2016, porte déjà aujourd’hui ses fruits en raison des efforts entrepris par les entreprises allemandes qui préparent leurs listes et proposent des candidates.
Selon Heiko Maas, le quota s’avérera être un avantage pour l’Allemagne en tant que site économique et influencera positivement les politiques des ressources humaines des entreprises qui ont trop longtemps négligé le recrutement de femmes. « Ce ne sont pas les femmes qui doivent s’adapter au monde du travail, mais la culture du travail doit devenir plus favorable à la famille », concluait le ministre.

